plus d'infos : En dérushant les clichés de Victoria Tibblin pris au Run ar Puñs, j'écoute Bruce Springsteen - girls in their summer clothes - , The Rakes - Strasburg, eins, zwei, drei, vier ! -, Kings of Leon - un live pirate enregistré au Paradiso il y a une paire d'années - et aussi quelques vieilleries, l'album blanc des Beatles, les Clash - London calling to the underworld come out of the cupboard, all you boys and girls -, Steve Hillage - tell me your mind, there's a light in the sky ! - et pour m'achever je me fais un trip vieux baba old school avec Neil Young. C’est dans cette ambiance purement rock et folk que je vois défiler les clichés d'une fille lumineuse, incandescente et intemporelle. Après le concert, j'ai pris mon carnet noir Moleskine et j'ai griffoné quelques notes, effrayé que j'étais à l'idée d'être atteint par un quelconque et subit syndrôme d'Alzheimer qui aurait effacé à jamais de ma mémoire cette émotion intense vécue dans ce lieu que j'aime tant (et qui me le rend si bien).
"Victoria Tibblin, définitivement rock ? Non, mieux. Cette fille n'incarne pas l'esprit rock. Elle EST le rock. Samedi soir sur la terre, rencontre avec un OVNI, une apparition, la huitième merveille du monde, un mix de Blondie et de Bowie, une créature unique, inimitable et sublime". Bizarrement, à l'issue du concert, je n'ai aucune angoisse, je ne suis pas torturé de savoir si c'est dans la boîte ou pas, car à vrai dire je m'en fous de manière radicale. Je sais seulement que ce que j'ai vécu ce soir est rare, une espèce d'osmose, une alchimie, un mélange, un pop satori. Quand on croise une créature aussi définitivement parfaite – et je ne parle même pas de sa plastique, de ce corps divinement androgyne, considérations que je laisse aux crétins affamés de trip hardcore - , quand cette lumineuse apparition s’impose à l’oeil et qu'on est photographe, il devient si simple d'écrire avec cette lumière que les clichés s'imposent comme une évidence.
En revenant vers Brest, dans la nuit, je repense à la prophétie du vieux Neil. Hey, hey, my, my. Rock'n roll will never die. Après le concert, je suis allé voir Victoria Tibblin et en deux mots je lui ai dit que tant que des gens comme elle se produiront sur des scènes, je serai là, à l'affut, ma main crispée sur mon boîtier, mon oeil rivé au viseur, mon index au taquet. Tant que des scènes comme le Run ar Puñs continueront d'accueillir des filles du calibre de Victoria Tibblin, je serai là, debout et vivant.
Et je saurai, enfin, pourquoi je suis photographe de rock.
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