plus d'infos : Hôtel Vauban. Du hall, je vois descendre Jeanne Balibar, seule. Une grâce infinie, je bafouille quelques mots, j'offre quelques photos du concert passé au Vauban. La suite n'appartient qu'à moi. Rodolphe Burger arrive peu après, on évoque le souvenir du concert au Vauban il y a deux ans. Mais ce soir, pour la nuit Rodolphe Burger, c'est en face que ça se passe. J'ai un billet pour le concert, deuxième rang. Comme au bon vieux temps des baisers volés, j'embarque mon boîtier dans une poche, mon zoom dans l'autre et me voilà bercé par ce léger et subtil brouhaha du Quartz, quelques minutes avant le concert. Ce soir Rodolphe accueille ses ami(e)s et ça va être la fête. Bashung, qui devait être là pour interpréter avec sa compagne Chloé Mons le Cantique des Cantiques, a dû décliner l'invitation pour cause de santé, dommage. Le concert ouvre, Rodolphe Burger à la guitare sur son tabouret, se penche, s'étire, ressent chaque note. Dès l'intro on reconnaît le style, la Burger's touch, inimitable. Rodolphe revisite Cheval mouvement dans un version épurée électro renversante et se fait plaisir en accueillant son pote Eric Marchand ou le joueur de Oud Mehdi Haddab. Les cultures musicles de la Bretagne et du Maghreb n'ont jamais été aussi proches. Et puis Rodolphe plaque un accord et envoie quelques mots : "Standing on the corner, suitcase in my hand, Jack’s in his corset, Jane is in her vest. Me, honey, I’m in a rock ’n’ roll band..." Un Sweet Jane en guise d'intro, d'hommage, de respect. Jeanne Balibar entre en scène, et là... Frisson indescriptible, j'aime cette fille plus que je ne saurais le dire. Jeanne est la grâce, le talent, la beauté, le charme. Balibar est intemporelle. Quand Jeanne Balibar chante - je voudrais faire le tour du monde - le temps suspend son vol. On n'entend plus que le son suave et délicat de sa voix et, de temps à autre, le déclic d'un photographe amoureux transi, juste là, au deuxième rang. Et puis, comme si cette nuit ne devait jamais finir, c'est au tour de James Blood Ulmer d'entrer en scène, avec la dégaine qu'on lui connaît, costard blanc de rigueur et un couvre-chef oriental qui serait ridicule partout ailleurs mais pas sur la tête de Blood Ulmer. Le stick en main, derrière ses lunettes bleu acier, le bluesman envoie des riffs impeccables, il y a au bout de ces doigts un pur feeling. Erik Marchand revient, avec Jeanne Balibar et Mehdi Haddab pour prolonger encore le plaisir. Le public du Quartz, habitué aux marathons, tiendra la note avec Burger and co pendant plus de trois heures de musique et d'évocations musicales ininterrompues. L'univers de Rodolphe Burger, quelques souvenirs de Katonoma et une note bleue qui se perd au fond d'une nuit bluesy. Respect Mister Burger. So long. Putain de concert !
|