plus d'infos : Le rock c'est une putain de vieille histoire. C'est l'histoire d'un black, dans le sud profond et poisseux, quelque part dans le sud des Etats Unis, qui troque ses savates d'esclave et trois accords de blues contre un tempo sec et cassant. C'est un blanc-bec qui reprend la boutique en 1956 et qui assène au monde éberlué ses déhanchements chaotiques et honteusement sexy. Depuis cette date, cette putain de musique est contagieuse et, tel un virus, elle s'est propagée à travers la planète pour arriver rapidement en Albion où quelques kids s'en sont emparé pour lui donner les quelques lettres de noblesse qui lui manquaient. Mais le rock reste ce qu'il est, au fond, et n'est jamais aussi bon que lorsqu'il sent la bière et l'animal, irrévérencieux, honteusement décadent, joué dans des salles comme le Vauban de Brest où la transpiration du public est aussi palpable que celle des zicos qui sont en scène. Alors la salle s'imprègne des sons. C'est pour ça que le Vauban est un endroit que j'aime radicalement, définitivement, de manière irraisonnée et parfois déraisonnable. Avec ma tête, mon coeur et mes couilles (respect Fabien). Cette putain de salle a volé mon coeur, comme elle s'est emparé en d'autres temps d'un petit bout de Ferré, de Nougaro et plus près de nous de Stephan Eicher, Miossec, Hushpuppies, the Saints, Nashville Pussy, Tiersen, MC5, Eiffel, Nada Surf et autres Jack the ripper... Je ne suis pas sûr que les quatre kids de Naast étaient bien conscients de cet héritage et du privilège qu'ils avaient à fouler la mythique scène du Vauban mais après tout peu importe. Le combo parisien nous a servi un set honorable, devant un public (très) jeune, féminin, aussi extatique qu'allumé. Set honorable, rock cassant, look soigné façon bad boy end sixties made in Brighton - my g-g-g-neration - et les amplis Marshmall poussés à donfe, les riffs salement envoyés . Bref, tous les ingrédients pour un bon concert de rock, non ? Et justement, non. Il manque quelque chose aux kids de Naast, un truc impalpable, ce petit rien indéfinissable qui fait d'un concert de rock un moment que le Vauban va garder à jamais. Et au final on sort du concert de Naast avec un arrière-goût de pas assez ou de trop peu et encore je fais abstraction de la durée du set (une trentaine de minutes). Les kids de Naast ne sont pas encore tout à fait des bad boys, ils sentent la sueur et la bière, mais pas encore l'animal. Mais, à force de trainer leurs Converse sur les meilleures salles rock de France et d'ailleurs, je suis prêt à parier que ça va venir.
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