plus d'infos : Pour savourer pleinement un concert des Goristes, je crois qu'il faut être brestois. Rectificatif. Il faut être brestoâ. Il faut connaître cette ville comme sa poche, connaître son histoire, son parcours, ses joies, ses peines. Il faut connaître l'arsenal, avoir fait la tournée des bars, connaître l'intégrale de P'tit Jean de la Source sur le bout des doigts, savoir parler avec ce putain d'accent trainant, définitivement inimitable, qui ne ressemble à aucun autre accent et que personne au monde ne nous envie. Il faut avoir connu Brest, la nuit entre chien et loup, lorsque Charles essaie de passer le balai, poussant gentillement vers la sortie du Vauban un client qui ne veut plus nous quitter. Brest est une ville à part, une ville où l'on vient par hasard ou par nécessité et lorsqu'on la connait, qu'on la connait vraiment, Brest est une ville qu'on n'a plus envie de quitter. J'ai la même tendresse pour Brest que pour les Goristes. C'est avec eux que chaque année je finis ma saison au Vauban, c'est comme un rituel, fait de petites manies, avec de grands éclats de rire et de tapes dans le dos, comme une famille qui se retrouve, le lendemain de Noël. C'est le Vauban, plein comme un oeuf, trois soirs de rang. C'est Charles derrière le comptoir, c'est Jacques et son équipe de Quai Ouest qui veillent à ce que chacun soit bien installé, c'est les lumières qui s'effacent et les rires qui se laissent aller à la grosse déconne des huits gaillards d'avant de service. Au fond, je vais vous dire. Pour savourer pleinement Brest, je crois qu'il faut avoir vu un concert des Goristes au Vauban.
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