plus d'infos : Comment écrire sur Daniel Darc, sans tomber dans l'excès, le lyrique, la pamoison ? Comment dire avec des mots simples, sincères à quel point ce garçon me touche, m'émeut, me bouleverse. Avec Daniel Darc, c'est comme avec Miossec, on n'est plus dans le rationnel, le conscient, on entre de plain pied dans une réalité qui vous échappe, tant on est immédiatement aspiré dans leur univers dont on ne peut ressortir que chamboulé, ému aux larmes. Il y a quelques jours, ma fille revenait du concert de Tom Waits au Grand Rex et alors que je lui demandais, à son retour, ce qu'elle en avait pensé, son regard s'est perdu, embrumé, ailleurs et elle a simplement lâché un soupir, pas un mot, juste un sourire qui a illuminé son visage et qui était autant de contentement, de bonheur teinté de mélancolie. Daniel Darc fait partie de ces artistes intemporels qui portent en eux la marque de la souffrance, d'un chemin de croix tracé sur sa poitrine et de bonheurs aussi. Il faut avoir croisé Daniel de très près pour capter la lueur qui brille dans son regard, encore et encore. Bien sûr, le personnage fait le régal des journalistes qui peuvent relater les frasques des années Taxi girl, les années d'errance, de perte de soi. Mais en Daniel Darc demeure cette lueur, ce feu intérieur qui ne demande qu'à se raviver. Alors les mots s'élèvent sans violence, toujours généreusement servis par Alice (le guitariste de Berline et d'Adrienne Pauly, entre autres) et les furieux tout droit échappés de l'Asyl. Daniel Darc n'est pas à l'aise en festival et feint de s'en foutre. Il est beau, seul, christique, bible en main. L'éternel est mon berger, je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans les verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. Psaume 23, entrecoupé de la reprise berlinesque de "sad song" de Lou Reed, un autre égaré de la vie. J'ai quitté la scène Kerouac pour rejoindre un autre allumé, Patrick Watson sur la scène Xavier Grall, accompagné sur mon chemin, dans la nuit, par la voix de Daniel Darc, le regard embué.
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